Médias+

Sondage

Que pensez-vous des recommandations de l'Examen Périodique Universel adressées aux Emirats Arabes Unies ?

Recommandations intéressantes
0%
Je m'attendais à mieux
0%
Je n'ai pas eu connaissance de ces recommandations
0%
Total votes: 0
The voting for this poll has ended on: août 2, 2018

 

droit 06

Centre International pour la Justice et les Droits de l’Homme

 

Les autorités émiraties violent à plusieurs reprises

le droit des prisonniers de conscience à recevoir des visites familiales

Genève, le 9 janvier 2017

Les familles de prisonniers politiques et de militants des droits de l'homme emprisonnés dans la prison d'Al Rezin, située dans la zone désertique de l'Émirat d'Abu Dhabi, ont indiqué que les autorités pénitentiaires les interdisaient délibérément de rendre visite à leurs fils emprisonnés. Pour justifier l'interdiction, les autorités ont affirmé que les téléphones permettant aux détenus de communiquer avec leurs familles par les barrières de verre n'étaient pas opérationnels.

D’après les renseignements qui nous ont été communiqués, ce n'est pas la première fois que les autorités pénitentiaires utilisent l'excuse des téléphones en panne. Le 25 décembre 2016, les autorités pénitentiaires ont mis fin à plusieurs visites familiales sous prétexte que les téléphones ne fonctionnaient pas. Ils ont même expulsé de la salle d'attente, avant même qu'elles aient eu la chance de voir leurs proches, d'autres familles qui étaient déjà passées par le processus d'inspection.

De plus, le 26 décembre 2016, les autorités d'Al Rezin ont interdit d'autres visites sous le même prétexte et ce, malgré la longue distance parcourue par les familles pour rejoindre la prison et le fait qu'elles aient déjà attendu plusieurs heures devant la prison.

Le Centre International pour la Justice et les Droits de l'Homme (CIJDH) tient à rappeler la mauvaise réputation de la prison d’Al Rezin, évoquée d’ailleurs dans plusieurs rapports sur les droits de l'homme. En effet, la prison est connue pour ses conditions de vie précaires et son manque de respect des droits des détenus, en particulier ceux des prisonniers politiques, des militants des droits de l'homme et des blogueurs, qui sont régulièrement soumis à la torture et à des mauvais traitements.

Par conséquent, le CIJDH déplore les prétextes utilisés par les autorités pénitentiaires pour interdire les visites familiales et cela, sans préavis. En outre, les actions des autorités pénitentiaires visant à empêcher le droit de visite, qui constitue une violation de leurs droits garantis par les lois émirati et internationales, sont une mesure de répression contre les prisonniers d'opinion et leurs familles. L'article 23 de la loi fédérale no. 43 de 1992 sur la réglementation des établissements pénitentiaires souligne que tout prisonnier a le droit de contacter sa famille, de recevoir des visites et les services d’un avocat. 

L'Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus et l'Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d'emprisonnement affirment également le droit des détenus à correspondre avec leurs familles et leurs amis par lettres ou visites. De plus, le droit des visites familiales est considéré comme un droit fondamental et fondamental de l'être humain.

Par conséquent, étant donnée les violations des droits de l’homme commisses contre les prisonniers d’opinion et leurs familles, le Centre International pour la Justice et les Droits de l’Homme exhorte le gouvernement émirati à :

1. Libérer immédiatement tous ceux qui sont emprisonnés illégalement dans les prisons émiraties, y compris les prisonniers politiques, les militant, les avocats et les blogueurs. 

2. Permettre aux familles de rendre visite aux prisonniers détenus à Al Rezin ou dans d’autres prisons des Émirats Arabes Unis qu'ils soient des prisonniers politiques, des activistes ou des blogueurs et ce conformément aux Règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus et à l’Ensemble des principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme de détention ou d’emprisonnement.

3. Ouvrir une enquête sérieuse et rapide dirigée par un organe indépendant concernant la violation du droit des familles de rendre visite à leurs proches détenus à la prison d’Al Rezin et dans d’autres prisons émiraties, ainsi que les allégations de torture et de mauvais traitements commis dans la prison d’Al Rezin afin de tenir pour responsables les auteurs de ces violations. 

4. Mettre en place, conformément aux Principes de Paris, une institution nationale des droits de l’homme chargée de surveiller les prisons et leurs conditions de vie par des visites impromptues dans les prisons et de traduire les auteurs des violations des droits de l’homme devant un organe judiciaire indépendant, équitable et impartial.

5. Ratifier rapidement le Protocole facultatif de la Convention contre la Torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants permettant ainsi d’autoriser le Sous-Comité pour la prévention de la torture à visiter les centres de détention et les prisons émiraties. 

6. Autoriser le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, le Groupe de travail sur la détention arbitraire, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’homme et le Sous-Comité pour la prévention de la torture ainsi que d’autres organisations internationales de défense des droits humains à visiter les prisons et les centres de détention émiratis. Le respect par les autorités des Émirats Arabes Unis des normes internationales relatives aux droits de l'homme en ce qui concerne la détention des prisonniers d'opinion.

7. Ratifier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et ses deux Protocoles facultatifs, le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.

 

Pour plus d’information, prière de nous contacter par email : icjhr.geneva@gmail.com