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Avant-propos

Le nombre de violations des droits de l'homme enregistré dans les Émirats Arabes Unis (ÉAU) a atteint des niveaux choquants, avec une augmentation du nombre de détentions dans les cas relatifs à la liberté de parole et d'expression, et la critique croissante des organisations internationales des droits de l'homme concernant les violations directes de droits de l'homme. Ces violations de droits de l'homme ont trait aux travailleurs étrangers et le système de parrainage adopté dans les Émirats, ainsi que le traitement des enfants et des femmes, et le traitement des prisonniers.
Ceux qui avaient espéré que les autorités émiraties permettraient pour la moitié des membres du Conseil National fédéral d'être élue en 2006, tandis que le reste du Conseil serait nommé, ont été déçus. Une partie des Émiratis, comme de nombreux analystes politiques et juridiques, qui suivent l'évolution de la situation dans le monde arabe, pensait que les Émirats Arabes Unis adopteraient une poussée vers une démocratie réelle dans le Golfe. Cependant, des espoirs de réforme ont vite été déçus lorsque les forces de sécurité ont intensifié la répression contre les réformateurs émiratis et les militants de la société civile. En commençant par les arrestations, les procès inéquitables et puis en retirant les nationalités de certains des militants, pour la plupart appartenant à l'Association de la Réforme. Ils ont été détenus dans des prisons secrètes par la Sûreté de l'État, avant d'apparaître dans un simulacre de procès où ils ont été condamnés à une peine d'emprisonnement comprise entre sept ans et quinze ans après un procès qui ne répondait pas aux conditions de justice et d'équité. Mais l'appareil de sécurité est allé encore plus loin lorsqu'il a arrêté et traduit en justice les avocats, Dr. Mohammed Al-Rokon, Mohamed Al-Mansoori et Salem Al-Shehhi, après qu’ils aient fait leur devoir dans la défense des détenus de l'Association pour la Réforme.
Nommé par certains comme le printemps arabe, les vagues de changement qui ont déferlé sur le monde arabe – avec un pic à la fin de 2010 lors des manifestations populaires en Tunisie, qui ont provoqué la fin du règne de l'ancien Président Zine El Abidine Ben Ali - ont ouvert la voie pour des révolutions populaires dans d'autres pays, en renversant plusieurs régimes arabes. Cependant, malgré cela, le Golfe est largement resté inchangé et les ÉAU, en particulier, ont œuvré pour s'opposer à ces vents du changement dans le monde arabe.
Étrangement, les ÉAU ont agi comme le fer de lance du régime politique arabe qui s’opposait aux révolutions arabes, en fournissant une aide financière énorme tirée de son propre budget d’aides pour appuyer les partis contre-révolutionnaires en Égypte, en Tunisie et en Libye.
Les choses se sont seulement détériorées après que les ÉAU aient publié un décret gouvernemental le 15 novembre 2014 pour classer un certain nombre d'organisations et de groupes comme des organisations terroristes. Les groupes englobaient un éventail d’ONGs et de groupes dans les Émirats Arabes Unis, le Golfe, le monde arabe, l'Europe et les États-Unis (USA), montrant ainsi la façon dont les ÉAU sont gouvernés par une ligne politique d'exclusion qui n'accepte pas d’autres points de vue.
Exécution de politique avec couverture juridique
Il est devenu évident que les poursuites, dont les dirigeants de l'Association Islah et ceux proches d’eux d’autres pays (qu'ils soient égyptien, syrien, libyen ou tunisien) ont encouru, faisaient partie d'un plan élaboré par les autorités émiraties pour mettre fin à l'appel à la réforme. Les autorités ont tout d'abord commencé en s'assurant qu'aucun de ceux qui appelaient à la réforme n’étaient présents dans aucune organization publique ou sociale en supprimant les réformistes de la préservation de l'organisation de la langue arabe, le Syndicat des enseignants et de l’Union des avocats, ainsi que ceux des organisations de l'enseignement supérieur. Tous ceux ayant des liens avec l'Association Islah, même si faiblement, avaient leurs petites entreprises à couper et ont été empêchés d'atteindre la position d'influence. Ensuite, tous ceux qui avaient des liens avec le parti Islah, même si ceux-ci étaient faibles, ont vu leurs petites entreprises fermer et ont été empêchés d'atteindre des postes d'influence.
Les membres de l’Islah étaient interdits de voyager, étaient obstrués dans les aéroports et étaient interdits de programmes externes. En plus de cela, le Gouvernement et les organisations privées, ont averti les organisations professionnelles et commerciales à leur sujet afin d'affaiblir leur pratique professionnelle et d'affaires dans le marché commercial. Cela a affaibli la pratique de leur personnel légalement et ainsi que dans les médias, tout ça dans le but de tenter de les isoler de la société.


2014 et l’escalade des violations

L’année 2014 a vu une hausse de la réponse coordonnée à l'opposition, aux militants et à tous ceux qui critiquent la politique du Gouvernement. Nous avons enregistré au Centre International pour la Justice et des Droits de l'Homme de nombreux cas de disparitions forcées, de procès inéquitables et de harcèlement et de mauvais traitements dans les prisons et de tortures systématiques et de restrictions à la liberté d'expression et de réunion, et d’autres abus, ce qui constitue une violation de la Constitution des ÉAU et un recul des engagements émanant des Émirats Arabes Unis devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies en 2013.


Conditions de détention

Droits de l'homme et la position internationale
Malgré les appels internationaux, les autorités émiraties n’attachent aucune importance à aucun de ces appels. Ils ne font face à aucune pression réelle d'appliquer les changements, illustrant ainsi la surveillance du cas des Émirats Arabes Unis (ÉAU). Les organisations internationales des droits de l'homme ont tous émis des communiqués appelant les autorités des ÉAU à arrêter la torture et les disparitions forcées, et à libérer les prisonniers d'opinion.
Prison de Resin
La prison de Resin, ou mentionnée par les militants des ÉAU comme « le Guantanamo des ÉAU », a abrité des hommes d'affaires et des militants travaillant dans le domaine de l'éducation, des libertés et des droits liés au parti Islah.
Les prisonniers politiques dans la prison de Resin dans les ÉAU souffrent de malnutrition et de grave détérioration de leur état de santé. Les familles des détenus ont déclaré en 2014 que certains prisonniers perdaient conscience souvent en raison de malnutrition et d'abus.
Depuis leur incarcération, les prisonniers politiques de la prison de Resin faisaient l’objet d’une série de persécutions:
•    Fouilles systématiques sans aucun respect pour la décence et la dignité des prisonniers
•    Empêchement de prier en groupes, pendant la semaine ou le vendredi
•    Cellule d'isolement dans des conditions inhumaines, sans lits ni couvertures durant des jours
•    Désignation de policiers non émiriens, qui ne parlent pas l’arabe et qui sont violents avec les prisonniers et leurs familles, surtout pendant les visites
•    Interdiction des visites aux proches handicapés des prisonniers
•    Gardiens de la prison confisquent les vêtements ou les effets personnels des prisonniers
•    Beaucoup de responsables du Ministère de l’intérieur refusent de rencontrer les prisonniers ou d’entendre leurs plaintes pour fuir leur responsabilité juridique
•    Politique d’affamation en réservant peu de nourriture aux prisonniers politiques et on leur interdit d’en acheter à la cantine
•    Bloquer l’accès aux journaux et aux informations
•    Insultes et humiliation continuelles
Dans certains cas, l'administration pénitentiaire est allée jusqu'à bloquer les fenêtres avec des roches dans certaines cellules afin d'empêcher la lumière d'entrer, ce qui a eu pour résultat aucune ventilation et des conditions dangereuses. Ils ont également interdit la nourriture supplémentaire qu'un prisonnier peut acheter.


Tarek ALKatan dans une cellule très sale

Les conditions dans les prisons sont très rudes. Le 23 janvier 2014, les gardiens de la prison de Rezin ont mis le prisonnier Tarek ALKatan, dans une cellule très sale, avec seulement la possibilité de dormir sur le plancher de ciment froid. Malgré la détérioration des conditions de sa santé, il nécessitait une intervention chirurgicale urgente au genou. ALKatan est sorti de l'hôpital ALKatan avec les deux mains et les pieds attachés.


Gardiens népalais sous des ordres

Le 24 janvier 2014, après avoir reçu un ordre des Services de sécurité d'État, 30 soldats d'origine népalaise ont attaqué six détenus dans un petit endroit après qu'ils aient refusé d'être fouillés et contrôlés dans les parties intimes de leurs corps. Les gardiens ont utilisé la force physique contre les détenus et ont attaché leurs pieds et leurs mains derrière leur dos. Plusieurs des détenus ont été blessés. Les 6 détenus étaient : la Justice Mohamed Al Abdouli, Dr. Mohamed Al Mansoori, le conseiller Ali Al Kandi, l’avocat Salem Al Chehi, Najib Al Amiri et Ahmed Al Koubaisi.

Cellule d’isolement

La cellule d’isolement est une punition cruelle et inhumaine car considérée comme une forme de torture et de violation inhumaine des droits des prisonniers. L'isolement des prisonniers semble être une volonté politique des autorités de la prison, qui l'utilisent de manière arbitraire pour humilier les prisonniers politiques et les condamner au silence. Le but est de les punir, de les démoraliser et de les humilier.
Au mois de mai 2014, Dr. Mohamed Errokon a été mis en cellule d'isolement. Il est un professeur de droit à l’Université des Émirats Arabes Unis (ÉAU) et l'avocat d’un grand nombre de prisonniers d’opinion et l’ancien président de l'Association des juristes dans les Émirats Arabes Unis. Les services de sécurité de l’État l’ont interdit tout contact avec sa famille dans le but de l’isoler du monde extérieur. Sa mère âgée a été interdite de lui rendre visite alors qu’elle venait de loin (près de 200 Km) et le jour habituel de la visite. Les autorités carcérales ont mis en avant des gardiens népalais pour l’empêcher d’entrer.


La souffrance d'Issa Serry

Ce traitement peut entraîner l'apparition de plusieurs cas similaires au cas d’Issa Serry, qui souffre de la détérioration de sa santé mentale, et à cause de la souffrance et de la torture qu’il a enduré dans la cellule d'isolement à l’Appareil de surêté de l’État, ce qui a duré pendant des mois. Il ne s’est plaint de quoi que ce soit à son arrestation après les violations qu’il a endurées dans sa cellule d’isolement. Il est apparu au cours du procès que son état n'était pas normal. Il parlait de choses incompréhensibles. L’avocat a demandé un traitement pour lui et sa situation s'est améliorée. Mais après, les autorités pénitentiaires ont cessé les médicaments et sa famille a alerté les responsables à cet égard par courrier, mais personne ne l’a écoutée.


Ahmed Al-hajji Qobaisi et Salem Mousa Al-Halyan Tuniji

Les deux prisonniers politiques d'opinion, Ahmed Al-hajji Qobaisi et Salem Mousa Al-Halyan Tuniji, ont été mis en cellule d'isolement le 2 mai 2014. Les autorités émiraties ont adopté cette mesure afin de punir ces prisonniers du procès «  des 94 émiratis  » sans motif valable. Les deux, Ahmed Al-Hajji Gobaisi d'Abu Dhabi et Al-Halyan de Ras al-Khaima sont en prison depuis le 2 mars 2013. Ils ont été transférés dans des cellules individuelles, comme dans d’autres cas précédents.


Khalid Fadl Ahmed Jassim

Le prisonnier d'opinion, Khalid Fadl Ahmed Jassim, a été mis en cellule d'isolement le 26 septembre 2014, simplement parce qu'il avait demandé à l'un des officiers un endroit pour rester en dehors des quartiers après que les officiers les ont ordonné de partir. Il a été condamné à rester à l'isolement jusqu'au 28 septembre, les mains et les jambes attachés, ce qui lui a causé une douleur intense au niveau de ses mains, de ses doigts et des difficultés à bouger ses mains.


Torture

Après avoir été arrêté pour des raisons inconnues, Bashir Al-Sabah, Refaat Haddagah, Tahir Kalvat et Mohammed Al-Aradi, quatre des dix détenus libyens ont été libérés par les autorités des ÉAU le 27 décembre. Pendant leur détention, les personnes libérées ont été soumises à la torture et aux mauvais traitements. Ils ont été privés de sommeil pendant de longues périodes précédant l'enquête, comme ils l'étaient pendant toute la période de leur détention en isolement complet du monde extérieur. Ce cas montre les graves violations des droits de l'homme en détention emiratie, que ce soit les citoyens ou les ressortissants étrangers dans les Émirats, et toutes les pratiques criminelles en droit international des droits de l'homme. Il montre également les traitements dégradants infligés aux prisonniers, la torture systématique dans des cellules secrètes et l'isolement du monde extérieur.


Cas du Groupe des 94 émiratis

Le groupe des 94 émiratis a été exposé à la répression systématique dans les prisons pendant des mois en violation flagrante de leurs droits. Les mauvais traitements des détenus les ont amenés à un état de maigreur et de jaunissement. Ces violations sont :
1.    Le refus d’aller dehors dans la lumière du jour, ce qui a conduit à un manque de vitamine D et à un état de jaunissement qui l’accompagnait. Ainsi, on a été obligé de leur donner des tablettes de vitamine D tous les soirs
2.    L’affamation claire des détenus à cause des restrictions sévères de nourriture. Particulièrement, parce que la plupart d’entre eux souffraient de maladies qu’il était nécessaire d’empêcher par la qualité et la quantité de nourriture, ce qui n’est pas arrivé
3.    Les enfermer dans leur cellule de 5 de l’après-midi à 10 heures du matin dans l’obscurité rarement encore vu, ou bouger leurs doigts. Ils les exposent ainsi à la maladie psychiatrique comme la folie.


Osama Al-Najjar détenu et torturé

Au mois de mars 2014, nous avons vu l’arrestation du militant, Osama Al-Najjar, le fils du prisonnier d’opinion, Ali Hussein Al-Najjar. Osama était détenu le 17 mars 2014. Il a été retenu dans un lieu secret où il a été torturé pendant quatre jours avec des objets pointus tels que des coups sur ses jambes jusqu’à ce sla force vitale soit évacuée et il a été conduit à l’hôpital. Ils l’ont empêché de recevoir des soins médicaux nécessaires plus tôt. Son isolement a été prolongé trois fois. Osama était connu pour son activité sur les medias sociaux et ses tweets sur les mauvais traitements de son père et du reste des prisonniers d’opinion dans la prison de Resin.
« Osama a été torturé pendant quatre jours et a subi un refus de soins médicaux »


Détention arbitraire

Le militant des droits de l’homme, Yousef Obaid Al Zaabi, est encore en détention malgré un verdict d’innocence dans son cas. Les forces de sécurité l’ont arrêté le 12 décembre 2013, quelques heures après son intervention sur la chaîne de télévision CNN sur le thème du jeune américain, "Qasim Chezana". Malgré son procès le 26 mai 2014 et un verdict d’acquittement, les forces de sécurité le détiennent toujours, sans justification claire. Il n’a pas été libéré malgré l’écoulement de presque plusieurs mois du verdict.


Disparitions forcées

Ahmed Mohammed Abdel-Rahman Al-Moula est arrêté depuis mai 2014.
Le 1er Mai 2014, des troupes d’Al Qusais ont arrêté Mohammed Abdel Rahman Al Mulla à Dubai sans raison claire. La Police a imposé sa présence dans la maison la nuit sous le regard des enfants. Son arrestation a eu lieu sous les yeux de sa famille et de ses proches. Mohammed Abdel-Rahman Al-Mulla a été arrêté le 1er mai 2014 à Dubaï. Il est maintenant à la prison de Wathba après des mois de disparition forcée. Il avait reçu un appel téléphonique de la police d’Al-Qusais l’invitant à venir au poste de police. Et une fois arrivé sur place, les forces de sécurité l’ont arrêté sans aucune raison claire. Ils l’ont amené dans un lieu inconnu. Ils l’ont gardé dans un état de disparition forcée pendant des mois. Cette arrestation est un épisode d'une série de disparitions forcées de militants et défenseurs des droits de l'homme, sans aucun respect pour les droits individuels et leurs familles et en violation de leur droit d'expression.


Arrestation de Badr Al-Bahri et d’Abdullah Al-Helou

Les forces de sécurité d’Al-Qusais ont arrêté Huseein Badr Al Abdulla Al-Bahri, le Mardi 22 avril 2014, après avoir fouillé sa maison et terrorisé ses enfants. Il a été transféré à Abu Dhabi pour des raisons inconnues.
Le même jour, Abdullah Al-Helou a été arrêté dans les circonstances similaires à celles de Badr Al-Bahri. Des témoins ont rapporté que sa voiture était stationnée devant le poste de police d'Al-Qusais pendant plusieurs heures. Il a été conduit par des agents de la sécurité d'État à son domicile. Il a été fouillé pendant plusieurs heures avant d’être arrêté sans aucune explication et sans savoir l'accusation portée contre lui ou où il a été amené et arrêté. Tous deux ont été transférés à Abou Dhabi dans les premières heures du 23 avril. Ils ont été détenus dans une prison secrète à Abu Dhabi ; ces prisons permettent à l'appareil de surêté de l'État de recueillir des aveux de prisonniers par la torture et la violation avant d'être transférés dans les prisons de l'État.


Arrestation d’Amer Al-Shawa pendant 5 mois

Dans un autre cas, Dr. Amer Al-Shawa, a fait l'objet d'enlèvement à l'aéroport de Dubaï et a disparu pendant des mois consécutifs. Dr. Amer Al-Shawa, est un universitaire et un homme d'affaires turc d'origine palestinienne. La police de l'aéroport de Dubaï a arrêté Amer Al-Shawa le 2 octobre 2014, sans une accusation claire. Il a été emprisonné pendant une période de 5 mois dans un lieu tenu secret, sans en informer sa famille sur les raisons et le lieu de sa détention. Suite à des pressions importantes, Amer a été soudainement libéré par les autorités émiraties le 13 février.
« Détention dans des lieux secrets est une violation flagrante des droits des détenus et de leurs familles »


Des Égyptiens et Libyens arrêtés

Le 13 janvier 2014, les forces de sécurité émiraties détenaient Ahmad Massad Madawy, un citoyen égyptien résidant aux Émirats Arabes Unis (ÉAU). Ils l’ont amené aux services de sécurité égyptiens après huit mois de disparition forcée et à l'insu de sa famille.
Après avoir été arbitrairement arrêté et détenu par les autorités de sécurité émiraties depuis le mois d’août 2014 pour des raisons inconnues, Bashir Al-Sabah, Refaat Haddagah, Tahir Kalvat et Mohammed Al-Aradi, les quatre libyens détenus ont été libérés par les autorités des ÉAU au mois de décembre 2014.


Des Qataris dans des prisons secrètes dans les ÉAU

Le 27 juin 2014, la police des frontières a arrêté deux ressortissants qataris, Yusuf Abdul Ghani Ali Al-Mulla et Hamid Ali Mohammed Ali Hamadi, pendant qu’ils traversaient la frontière pour entrer sur le territoire des Émirats Arabes Unis à bord de leur véhicule pour les besoins du tourisme. Leurs familles n’ont pas pu les contacter, pour connaître leur sort ou le motif de leur arrestation, malgré tous leurs efforts.


Libyen libéré après 4 mois de détention au secret

Après que l'appareil de sécurité des ÉAU ait arbitrairement arrêté dix libyens depuis le mois d’août 2014 et les ait cachés par la force, ils ont libéré quatre d'entre eux : Bashir Al-Shabah, Refaat Haddagah, Tahir Kalvat et Mohammed Al-Aradi, au mois de décembre 2014 sans aucune accusation.
« Plus de 100 personnes étrangères ont disparu dans les ÉAU entre 2013 et 2014 sans raisons claires »
Plus de 100 personnes étrangères ont disparu dans les ÉAU entre 2013 et 2014 sans raisons claires. Cette poursuite de disparition forcée et de détention arbitraires dans des lieux secrets constitue une violation flagrante des droits des détenus et de leurs familles.


Situation des familles et des proches

Harcèlement des familles

Les autorités émiraties appliquent des sanctions collectives aux militants des droits de l'homme et aux opposants politiques qui ont été arrêtés et ceux qui résident à l'extérieur des Émirats Arabes Unis. Faire pression sur les familles et les parents fait partie de leur politique systématique visant à forcer les dissidents à abandonner leur demande de réforme et de leur opposition au Gouvernement. De tels harcèlements inclus: les empêcher de terminer l'enseignement supérieur dans les universités d'État; les soumettre à des fouilles corporelles humiliantes lors de la visite des détenus; les empêcher de recevoir des visites privées; les congédier de leur emploi; et leur permettre de ne recevoir qu'une seule visite par semaine pendant la période du matin seulement. De tels harcèlements ont été observés par Aisha Hussein Aljabry qui a été privée de son droit à l'Université par le Ministère de l'enseignement supérieur des ÉAU. Sa mère âgée a été interdite de lui rendre visite alors qu’elle venait de loin (environ 200 km) et dans le jour habituel de la visite. Les autorités de la prison ont mis en avant les gardiens népalais pour l'empêcher d’entrer.


Perturber les visites aux prisonniers

Les épouses, les mères, les filles et les sœurs des prisonniers sont constamment exposées à de mauvais traitements au cours des visites à la prison de Resin comme prévention de visite sans communication préalable, ainsi la famille prend une distance minimale de deux heures et demie pour trouver la visite annulée en arrivant à la prison. Les familles suivantes ont été bloquées: famille d’Abdul Salam Darwish (3 de ses enfants vivent avec l'autisme et autres maladies neurologiques) a voyagé dans la chaleur intense à haut risque sans soins médicaux et ensuite, elle a été exclue de la visite.


Maltraitance des parents âgés

Lors des visites à Eid al-Fitr au mois d’août 2014, les épouses, les enfants et les mères ont été contraints d'attendre leur tour pour visiter, dans la voiture, où la température n'était pas inférieure à 45° c. La période d'attente était entre une heure et une demi-heure. La climatisation dans cette chaleur s'est arrêtée de fonctionner en raison de la longue durée et de la haute température. Parmi les visiteurs, la mère du détenu, Khaled Al-Shaiba, qui était âgée de 80 ans, y compris la fille du détenu Fouad Al-Hammadi qui souffrait de diabète et de jeunes enfants, ne pouvaient pas supporter une telle situation difficile. Les filles des détenus poursuivant des études à l'étranger ont été privées de communication avec leurs pères pendant les années, parce que les autorités pénitentiaires avaient suspendu les communications internationales.


Famine et mauvais traitements

Les familles des prisonniers d'opinion souffrent de la politique de châtiment collectif pratiquée par les autorités des ÉAU pour faire pression et les intimider. Il y a de nombreux cas, dans lesquels les femmes et les filles sont ciblées dans les moyens d'existence et de subsistance.


Loi contre le terrorisme : une menace pour les familles

La ratification de la loi anti-terroriste, laquelle contient des clauses qui peuvent exposer les femmes et les familles des prisonniers d’opinion à un vrai danger. Cette loi interdit d’insulter ou de critiquer les institutions de l'État. Ils considèrent cela comme une atteinte à leur réputation. Les familles ne sont plus en mesure de divulguer toute violation pratiquée par les autorités des Émirats Arabes Unis ou de la communiquer à l'opinion publique. Ensuite, elles peuvent perdre tous leurs droits, les droits de leurs enfants et de leurs maris détenus.


Violations contre les enfants des détenus et des défendeurs des droits de l’homme

Les autorités émiraties ont infligé des sanctions collectives à des opposants politiques qui ont été arrêtés et exilés dans le contexte d’une politique systématique consistant à mettre la pression sur les familles et les parents pour qu’ils abandonnent leurs demandes de réformes, leur opposition au Gouvernement et pour qu’ils se lassent. Parmi ces violations, dont nous avons été informés par les familles des détenus et des opposants, on cite :
•    Empêcher l'achèvement des études supérieures dans les universités publiques
•    Inspection humiliante au cours d'une visite de détenus
•    Empêcher des visites privées
•    Suspension d’emploi
•    Leur permettre une visite une fois par semaine au cours des heures de classe
•    Une interdiction de voyager et de renouveler les passeports pour plus de pression sur le père
Parmi les cas, nous mentionnons Aisha et Ahmed Hussein Al-Jabri, les enfants d’Hussein Al-Jabri, le prisonnier d’opinion condamné sous le groupe des " 94 émiratis". Les membres de sa famille ont été exposés à un certain nombre de harcèlement et de griefs. Ils ont commencé par le séparer de son emploi et de son fils pour l’empêcher de voyager et puis on a privé sa fille de poursuivre ses études universitaires.
«  Les autorités émiraties ont infligé des sanctions collectives à des opposants politiques qui ont été arrêtés et exilés dans le contexte d’une politique systématique consistant à mettre la pression sur les familles  »


Effets de la disparition forcée sur les enfants et les familles

De nombreux opposants sont soumis à la disparition forcée avant le procès ou libérés et restés sans que les parents et les enfants ne soient connectés pendant la durée des disparitions. Les autorités ne les informent pas sur les lieux de détention et les raisons de cette détention. Les enfants se sentent dans un état de peur et d'anxiété à cause de ces pratiques, qui affectent leur état psychologique, leurs études et les prive de leur droit à l’information.
Le 22 avril 2014, les forces de sécurité de Qusais ont arrêté Hussein Badral-Abdullah Al-Bahri. Nous avons appris qu'il a été arrêté au cours d'une enquête dans le service de police. Après son arrestation, les forces de sécurité l’ont conduit jusqu’à sa maison pour la fouiller. Là-bas, ils ont terrorisé ses enfants. Ils ont mis les garçons et les filles dans des pièces séparées, gardées par les femmes et les hommes de la sécurité. Puis ils l'ont amené dans un lieu inconnu sous les yeux de ses enfants et de leur choc.
C’est une violation flagrante de l'article 9 de la Convention relative aux droits de l'enfant sur " détention, l'emprisonnement, l'exil, l'expulsion ou la mort (y compris la mort, quelle qu'en soit la cause, survenue en cours de détention) des deux parents ou de l'un d'eux, ou de l'enfant, l'Etat partie donne sur demande aux parents, à l'enfant ou, s'il y a lieu, à un autre membre de la famille les renseignements essentiels sur le lieu où se trouvent le membre ou les membres de la famille, à moins que la divulgation de ces renseignements ne soit préjudiciable au bien-être de l'enfant." Alors que les autorités nient souvent la connaissance du père disparu par la force et laissent, les fils et la famille dans l’attente et dans l’inquiétude pendant de longues périodes.


Interdiction de voyager et refus de renouveler des passeports

L'article 29 de la Constitution des ÉAU stipule que la liberté de mouvement et de résidence est garantie aux citoyens dans les limites de la Loi. Mais en réalité, les autorités n'empêchent pas seulement les dissidents de voyager mais aussi leurs femmes et leurs filles. Nous avons appris que depuis l'arrestation du «  groupe des 94 émiratis  », les autorités des ÉAU ont pris des mesures arbitraires contre les épouses et les filles des prisonniers et militants vivant à l'étranger.
En Janvier 2014, les forces de sécurité émiraties ont kidnappé la femme de Mohammed bin Saqr Al-Zaabi, et son enfant âgé de moins de deux ans, pour les empêcher arbitrairement de voyager en dehors du Pays. Son fils a été livré à son grand-père, au poste de frontière entre les ÉAU et Oman. Le but était de les empêcher de voyager, de rejoindre leur père et de réunir la famille.
Refusant de renouveler le passeport de Muza Abdul Rahman Al-Hadidi, en raison de l'appartenance politique de son père condamné à dix ans d’emprisonnement et détenu au sein du groupe des «  94 émiratis  ».
NOF Al-Hammadi (20 ans) a été interdite de voyager au mois de juin 2014 et informée par la direction de l'aéroport de Sharjah ; le service de sécurité de l'État l'a empêchée de voyager. Elle est la fille de Fuad Mohamed Al-Hammadi, qui est détenu depuis le 13 mars et condamné à 10 ans de prison.
Tous ces témoignages montrent l'incapacité de l'État quant à la garantie donnée par la législation nationale à la liberté de mouvement et empêchent toute forme de restriction de cette liberté et l'État dit à propos de l’" interdiction de la confiscation des passeports, comme c'est un droit qui ne peut pas être confisqué sauf par décision judiciaire. " Ceci indique que les forces de sécurité restreignent la liberté de circulation à beaucoup d'épouses et d’enfants de détenus et de militants sans jugement ou décision légale. Il s'agit d'une violation de l'article 15, paragraphe 4, de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes: " Les Etats parties reconnaissent à l'homme et à la femme les mêmes droits en ce qui concerne la législation relative au droit des personnes à circuler librement et à choisir leur résidence et leur domicile. "


Droits des femmes dans les ÉAU

Bien que les Émirats Arabes Unis s'efforcent d'assurer l'égalité entre les hommes et les femmes en ce qui concerne leurs droits et devoirs, les rapports mettent en évidence la question de la prostitution, qui est interdite par la Loi, et qui est particulièrement répandue à Dubaï, ainsi que la propagation des réseaux de prostitution transnationale. La politique du Gouvernement n'a pas réussie dans la lutte contre ce phénomène ou le phénomène de la traite des êtres humains. L’état des droits de l'homme dans les ÉAU, indique que, bien que la loi fédérale no 28 de 2005 régisse les affaires personnelles dans le Pays, certains de ses statuts discriminent les femmes.
La loi stipule que les femmes émiraties ont le droit de travailler " sans être jugées désobéissantes " et le droit de terminer leurs études. Elle ajoute que, " malgré l'existence des abris et des lignes directes pour aider à protéger les femmes, la violence domestique demeure un problème omniprésent. Le code pénal donne aux hommes le droit légal de discipliner leurs femmes et enfants, y compris par l'utilisation de la violence physique. La Cour suprême fédérale a confirmé un droit du mari de « châtier » sa femme et ses enfants avec de la violence physique. "


Le statut des femmes dans les ÉAU et deux poids deux mesures

L'évolution de la présence féminine dans plusieurs domaines et dans la législation et les perceptions est remarquée. Mais ces réalisations semblent être une bannière extérieure pour fasciner le monde tandis que sur le terrain, le Gouvernement continue d'appliquer une politique de deux poids deux mesures en ce qui concerne les femmes. Les femmes qui sont d'accord avec la politique du Gouvernement sont privilégiées et obtiennent des droits. Les femmes qui revendiquent des réformes politiques sont considérées comme des citoyennes de seconde classe, et n'ont pas le droit à une vie digne. Alors pour s'assurer que les réalisations du Gouvernement ne restent pas que de l'encre sur le papier, nous pensons qu'il devrait prendre des mesures concrètes pour améliorer le status des femmes dans les ÉAU et la réalisation de l'égalité entre les femmes et entre les femmes et les hommes.


Bannies de l’enseignement supérieur

L’éducation des femmes et les manques de précision dans la détermination des domaines de renforcement de la présence des femmes dans les différentes étapes de l'éducation, en particulier de l'enseignement supérieur, et la proportion de femmes à ce stade. Nous sommes arrivés dans notre Organisation à la conclusion que les autorités de sécurité sont directement intervenues dans le travail de ces institutions et ont privé un certain nombre de jeunes filles de poursuivre leurs études en raison de leur appartenance politique. Leur discrimination à leur égard et les Émirats Arabes Unis se sont engagés devant le Conseil des droits de l'homme en 2013 à poursuivre leurs efforts pour plus promouvoir l'inscription des filles dans l'enseignement secondaire et supérieur et la participation des femmes dans le domaine professionnel et politique (recommandation No. 128-100).


Aisha Al-Jaberi privée d’étudier

Le Ministère de l'enseignement supérieur des Émirats Arabes Unis a privé, Aisha Hussein Al-Jabri, l’étudiante et fille du prisonnier d’opinion, Hussein Al-Jabri, de son droit d’aller à l’université, malgré de nombreuses interventions et un recours de son frère, Mohammed Hussein Al-Jabri. Le frère a reçu une réponse du Ministère l'informant du rejet de l’appel sans donner de raisons et fermant ainsi tout autre moyen d'inscrire sa sœur.


Nouf Al-Hammadi privée d’études et de voyage

Les filles de la prisonnière d’opinion, Fouad Hamadi, Nouf Al-Hamadi et Najla Al-Hammadi, sont des filles brillantes dans leurs études. La première fille, Nouf Al-Hamadi a été la première au niveau national en 2012, mais elle a été privée de sa bourse d’études attribuée par l'État aux meilleurs étudiants. Elle a été empêchée de s'inscrire dans les universités publiques, forçant sa mère à l'inscrire à l'Université d'Al-Ain, loin de chez elle et à vivre dans une résidence. Pendant ses études, elle a rencontré de nombreux inconvénients en raison de ses activités sur Twitter et les atteintes à son honneur, ce qui l'a amené à arrêter d'étudier et à souffrir de dépression et d'isolement. Nous avons appris que le harcèlement continuait et nous avons enregistré en 2014 que les autorités l'avaient empêchée de se rendre dans un voyage Umrah.


Najla Al-Hammadi privée de domaines spéciaux dans l'Université

La seconde fille, Najla Al-Hammadi, a demandé une bourse d’études pour étudier la chimie nucléaire, une nouvelle spécialité des Émirats Arabes Unis. Elle a passé avec succès tous les tests pour l'université et a impressionné les professeurs. Mais, on lui a dit d'attendre l'approbation des services de sécurité, lesquels ont décidé de rejeter sa demande. Najla a perdu le droit à la bourse et de se spécialiser dans un domaine qu'elle aimait malgré qu’elle remplissait les exigences. Les autorités de Sharjah ont imprimé en 2012 un livre contenant les noms de ceux qui sont parvenus jusqu’au bout et les gagnants dans les Émirats Arabes Unis, ont retiré les noms des deux sœurs de la liste. En privant ces filles de l’université, les ÉAU ont violé plusieurs articles de la constitution émiratie, de la Convention des Nations Unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant.


Droits de l’enfant

Les droits de l'enfant dans les Émirats Arabes Unis sont toujours violés. Les défenseurs des droits de l'homme dans les ÉAU et à l’étranger nous ont informé des cas des droits de l’homme de l’enfant. Ces cas concernaient les enfants de prisonniers et d’exilés qui ont été jugés dans le cas des «  94 émiratis  » au mois de juillet 2013, après un procès inéquitable, après avoir demandé des réformes politiques dans le pays. Nous donnons aussi quelques observations sur le rapport de l'État et autres renseignements supplémentaires. Nous avons certains cas qui confirment ces pratiques contraires aux droits de l’homme de l'enfant.


Violations contre les enfants des détenus et des défenseurs des droits de l’homme

Les autorités émiraties ont infligé des sanctions collectives à des opposants politiques qui ont été arrêtés et exilés dans le contexte d’une politique systématique consistant à mettre la pression sur les familles et les parents pour qu’ils abandonnent leurs demandes de réformes, et leur opposition au Gouvernement et pour qu’ils se lassent. Parmi ces violations dont nous avons été informés par les familles des détenus et des opposants :
•    Empêcher l'achèvement des études supérieures dans les universités publiques
•    Inspection humiliante au cours d'une visite de détenus
•    Empêcher des visites privées
•    Suspension d’emploi


Liberté d’expression

En 2014, la censure en ligne s’est étendue. Le Gouvernement des ÉAU semble poursuivre ses efforts pour faire taire la dissidence et restreindre ses droits de liberté d'expression, d'association et de réunion. Les militants dans les réseaux sociaux et les journalistes, en particulier les journalistes étrangers travaillant pour les ÉAU, ont été leurs victimes.
Internet sous controle
Au mois de janvier 2014, les autorités émiraties ont libéré Chizan Kacem, un citoyen américain arrêté au mois d’avril 2013 pour avoir partagé une vidéo sarcastique sur Internet. Plus tard, le Vice-Président a admis que cette arrestation était une erreur.


Liberté de la presse

Le 1er avril 2014, le quotidien National à Abu Dhabi a licencié un journaliste ougandais, Yasin Kakande, en raison de la publication de son histoire relatant la situation des travailleurs migrants. Il a publié un livre, qui décrit son histoire comme journaliste africain vivant dans les émirats. Celui-ci s’intitulait: Un combat ambitieux : le voyage d’espoir et d’identité d’un journaliste africain dans une terre de migrants. Le rédacteur en chef émirati de the National, Mohamed Al-Otaiba l’a abusivement licencié. Par la suite, il a été expulsé à vie des ÉAU.
Le 20 mai 2014, les autorités émiraties ont empêché l'impression d'un journal, le New York Times, en raison de son contenu. En effet, à l'intérieur, il y avait un rapport d'enquête détaillant les conditions des ouvriers du bâtiment.


Osama Al-Najjar victime de ses activités sur les médias sociaux

Le 25 novembre 2014, la Cour de sûreté de l'État a statué sur la peine d'emprisonnement de trois ans pour Osama Al-Najjar et d'une amende d'un demi-million de dirhams dans un jugement non susceptible d'appel.
Les accusations portées contre lui concerne le fait qu’il soit membre d'une cellule secrète, le fonctionnement et la conception d'un site internet pour diffuser des informations « Inexactes, ridicules et diffamatoires contre les institutions de l'État ».
Osama Al-Najjar est un militant des droits de l'homme âgé de 25 ans. Il est le fils du prisonnier Hussein Al-Najjar, qui a été jugé dans le procès des « 94 émiratis ». Osama a été arrêté le 17 mars 2014 pour ses activités sur les réseaux sociaux et la défense de la liberté et de la cause de son père.
Il a passé neuf mois sans procès et accusations. Il a passé des semaines dans des prisons secrètes, sans que sa famille en soit informée et il a été soumis à la torture et aux mauvais traitements. Son procès a commencé le 24 septembre devant la Cour suprême fédérale, lequel a été reporté au 14 octobre. Ni Osama, ni son avocat n’ont eu accès au fichier.
On devrait noter qu’Osama Najjar est le fils d’Hussein Al-Najjar, qui purge une peine de prison de 10 ans après avoir été condamné dans le procès des « 94 émiratis ». Osama a été arrêté alors qu'il rentrait chez lui après avoir rendu visite à son père en prison. Les agents de la sécurité d'État ont fouillé son domicile sans un mandat de perquisition, ont confisqué les ordinateurs et le matériel électronique et l'ont emmené vers une destination inconnue.
Osama est connu pour son activité sur Twitter et son utilisation des réseaux sociaux pour révéler la cause de son père. Il semble que l'un de ses tweets, en réponse à l'Émir de Sharjah, qui a envoyé un message aux familles des prisonniers politiques par le biais de la Radio Sharjah, est la raison de son arrestation. Le procès d'Osama Najjar est inscrit dans une série d'arrestations et de détentions arbitraires ou des procès inéquitables, visant à réduire au silence la dissidence pacifique et à limiter la liberté d'expression : Ce qui est incompatible avec les engagements et les obligations des Émirats Arabes Unis envers les organisations internationales et le Conseil des droits de l'homme. Les autorités émiraties n'hésitent pas à punir et à emprisonner tout citoyen lié aux organisations ou personnalités réformistes. Ces violations affectent les ressortissants émiratis et les étrangers.


Attaques contre les organisations internationales

Les autorités des Émirats Arabes Unis n'hésitent pas à exercer une pression sur tous les travaux des droits de l'homme même si c'est l'initiative des organisations étrangères ou des dignitaires. Les autorités émiraties ont tenté, en 2014, d'empêcher les organisations internationales de faire leur travail et d'entrer dans le Pays.
Le 30 mai 2014, les autorités émiraties ont interdit à vie à une avocate britannique, Victoria M., d'entrer dans le Pays parce qu’elle a essayé d'obtenir des informations sur la décision de l'Union Européenne critiquant les Émirats Arabes Unis en 2012.
Le 22 janvier 2014, les ÉAU ont annulé une conférence, que l'ONG internationale, Human Rights Watch, voulait organiser afin de lancer son rapport annuel pour l'année 2014. La Conférence a dû se tenir à Dubaï.
Le 24 janvier 2014, les autorités émiraties ont refusé, à Sarah Leah Whitson, la directrice pour le Moyen-orient, en charge de la région MENA chez Human Rights Watch, le droit d'entrer dans le Pays en raison de ses critiques sur les Émirats Arabes Unis.
Le 15 février 2014, les ÉAU ont expulsé huit étudiants koweïtiens d'une université parce qu'ils avaient essayé de former un syndicat étudiant sur le campus.


Loi contre le terrorisme des Émirats Arabes Unis

Les Émirats Arabes Unis ont approuvé, le 21 août, une nouvelle loi sur les " crimes anti-terroristes ", qui est une mise à jour de la loi de 2004. La nouvelle loi s’ajoute à une série de lois restrictives dans les Émirats Arabes Unis, qui cherche à supprimer la liberté d’expression et l'utilisation du terrorisme comme un prétexte pour assiéger les opposants et les réprimer. Dans une lecture préliminaire du contenu de la loi, nous croyons que la publication de ces textes semble être une criminalisation du terrorisme, mais en fait, c’est une restriction de la liberté et une intimidation des voix prônant la justice et les droits.


Articles et termes vagues

La première chose frappante est l'absence d'une définition claire et nette du terrorisme, ce qui donne une marge au législateur d'interpréter les articles de la loi comme il lui plaît, et ouvre la porte aux violations des droits de l'homme. En effet, la formulation de la loi contient des termes vagues qui peuvent être définis de différentes manières. Ceci pourrait conduire à généraliser les peines aux dissidents et militants des droits de l'homme sous prétexte de " menace pour la sécurité nationale ou attaque du pouvoir en place ", comme c'est le cas dans d'autres pays, qui utilisent les lois anti-terroristes pour justifier les politiques de répression et bafouer les libertés.


Critiquer le Régime est un crime

Le plus grave dans la nouvelle loi, concerne les articles qui stipulent que toute personne qui attaque ou critique ou menace les fonctionnaires du Gouvernement, les députés, le chef de d'État ou les membres de la famille régnante fait face à des sanctions sévères s'élevant à la prison à perpétuité ou à la peine de mort. Les sanctions concernent aussi ceux qui commettent des « crimes terroristes » à l'extérieur des Émirats Arabes Unis. Elle permet également au Conseil des ministres de définir une liste des organisations et des personnes qui constituent une menace pour l'État, sans mentionner les critères qui seront adoptés pour l'inclusion d'une organisation ou d'une personne. Ces mesures permettent au Gouvernement de qualifier quiconque s’oppose à sa politique de terroriste pour restreindre la liberté d'expression et barrer la route aux réformes politiques.


Une arme pour faire pression sur les dissidents

Nous exprimons notre profonde condamnation de ces lois qui prennent la lutte contre le terrorisme comme un prétexte pour étouffer les voix appellant à la liberté et la démocratie aux Émirats Arabes Unis. Il y a une vraie crainte de la confusion qui pourrait se produire entre la criminalisation du terrorisme et celle de la criminalisation des dissidents.
Nous invitons les organisations internationales et les défenseurs des droits de l'homme à prêter attention aux conséquences de la ratification de la nouvelle loi anti-terroriste, telles que les pressions sur les militants des droits de l'homme aux Émirats Arabes Unis, l’implication des militants et des organisations pacifiques dans la case du terrorisme et la criminalisation de leurs activités de défense de droits de l’homme.


Recommandations

Le Centre International pour la Justice et les Droits de l’Homme (CIJDH) note avec une grande préoccupation les cas de violations flagrantes des droits de l’homme dans les Emirats Arabes Unis. Le Centre appelle les autorités émiraties à remplir toutes leurs obligations internationales, y compris le respect de leurs engagements envers le Conseil des droits de l’homme. Par conséquent, les Émirats Arabes Unis devraient faire une série de mesures immédiates, y compris:
1.    Libérer immédiatement et inconditionnellement tous les prisonniers d’opinion retenus aux ÉAU pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression et d’association
2.    Arrêter l’abus et la torture systématique et mettre en conformité les conditions de détention avec les normes internationales
3.    Respecter la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, et la Charte arabe des droits de l’homme, instruments auxquels ils sont partis et le retrait des réserves à l'article 20 de la Convention contre la Torture sur les communications
4.    Ratifier le Protocole facultatif des Nations Unies se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradant et réellement permettre aux organes internationaux indépendants de visiter régulièrement les lieux de détention aux Émirats Arabes Unis pour évaluer les conditions de détention et formuler des recommandations pour leur amélioration
5.    S’assurer que toutes les plaintes ou les allégations de torture et de mauvais traitements sont promptement, indépendamment et soigneusement étudiées
6.    Faire en sorte que les victimes de torture et d’autres mauvais traitements, d’arrestation et de détention arbitraires, et d’autres violations des droits de l’homme aient accès aux recours effectifs
7.    S’assurer que toutes les personnes privées de leur liberté bénéficient d’un procès équitable et public par des tribunaux indépendants
8.    Adhérer à la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques
9.    Garantir les droits des prisonniers politiques à une nourriture suffisante, à un traitement convenable et à des soins médicaux adéquats et aux visites des familles
10.    Assurer aux familles et aux proches des prisonniers de tous leurs droits de voyager, de travailler, d’étudier et de protection
11.    Respecter les droits de l’enfant dans l’esprit de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant
12.    Respecter les droits des femmes dans l’esprit de la Convention des Nations Unies Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes